L’experience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte. Confucius
         
         
Le monde change

J’ai récemment lu que chaque année, les Anglais et les Américains dépensent respectivement 700 millions de livres et 12 milliards de dollars en chirurgie esthétique pour changer leur apparence… sans pour autant modifier leur nature profonde. C’est le propre de l’homme de vouloir changer ce qui a été créé, mais malgré tous nos efforts, la société change l’homme essentiellement de l’extérieur vers l’intérieur, le corrompant parfois dans ses richesses les plus profondes et ses valeurs.

Au nom du changement, nous bouleversons également nos traditions et en inventons sans cesse. Les fêtes d’Halloween s’ajoutent à celle de la St Nicolas qui précède, elle, les festivités de Noël, elles-mêmes annonciatrices de la célèbre St Valentin, devenue l’arrêt obligatoire de nos anniversaires du cœur. Gare à l’oubli. La fête des grands-parents est déjà présente dans certaines mœurs tandis que celle des animaux de compagnie ne saurait tarder à s’imposer…

Au siècle dernier, ma mère me disait qu’à force d’allonger la soupe, on finit par boire de l’eau. Femme d’une autre époque, elle a oublié de cliquer sur la touche « save », pour que les générations futures gardent cette sage parole à l’esprit.

Le golf aussi perd peu à peu ses traditions, je peux en témoigner. J’étais présent quand dans son univers, le chiffre « 20 » est apparu pour célébrer les nouvelles maturités. Tant d’impatience à devenir adulte en chiffre est bien compréhensible. Dans mon pays, j’ai été un des rares enfants émancipés par leur père à entrer dans le monde des adultes par une simple signature.
La tradition …
Un grand chocolatier belge a dit :
« La tradition n’est pas de faire ce qui a été fait mais d’en garder l’esprit ».
C’est justement dans l’esprit du golf que j’ai vu pousser un peu partout à l’Empereur des chiffres 20 entourés d’un laurier, créés en laboratoire par un maître en la matière.

Bravo Ulli, tu nous as donné un logo que nous pouvons porter fièrement. A domicile et en déplacement. Mais qui dit anniversaire dit fête, et fête fut. Une très belle fête qui, comme au moyen âge, a duré une semaine entière, de jour comme « de nuit ». Une belle réussite et j’en félicite tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à faire connaître un peu mieux et plus largement notre Empereur.

Le comité des 20 ans avec à sa tête Yves Denuit, notre vaillant capitaine, n’a pas ménagé son temps et ses efforts pour en assurer le succès. Tous méritent nos remerciements pour les moments de fête et de convivialité qu’ils nous ont permis de vivre.
En cette année, nous sommes supposés quitter une époque et entrer dans un autre âge, l’âge adulte peut-être… Mais avant de tourner les pages de ce jeune passé, souvenons-nous de ceux qui nous ont aidé à l’écrire.

Il y a de cela 13 ans, lorsque je suis arrivé sur le champ de bataille de l’Empereur, j’y ai trouvé 150 membres, arbres de souches différentes plantés par un architecte un peu distrait sur ses nombreux hectares. Ils étaient un peu perdus et chacun poussait à sa manière.Si certains d’entre eux se sont déracinés puis ont choisi l’exil, d’autres ont résisté à la tentative d’évasion. Ce qui réunit les uns et les autres, c’est que tous ont, à un moment donné, profondément aimé l’Empereur.
A ces membres de la première heure qui sont restés, je dis bravo pour leur fidélité.

En ses débuts, il n’y avait pas que le terrain qui était plus petit. Le bar était exigu. Radio trottoir y émettait à toute heure et si, pour un motif ou un autre, l’émission se voyait entachée de brouillage, on pouvait compter sur Georgette qui se chargeait de la mettre rapidement en clair.

Sacrée Georgette, animatrice de tant de nos journées, avec ton beurre et son prix, tu nous as bien fait rire. Pour toi, une tendre pensée.


A chaque mal il faut une cause. L’herbe est censée être toujours plus verte chez le voisin.Pour sa parfois triste couleur, on savait vers qui se tourner ;

Pierre-Arnaud était là pour panser nos douleurs, et pour celles qui nous frappaient juste au-dessus du cœur, on se tournait vers Dominique Capart.

Beaucoup de choses ont été évoquées et dites au sujet de ce dernier. Aujourd’hui, je souhaite simplement lui rendre un hommage sincère qui a le visage d’un remerciement qui l’est tout autant. Parce que sans l’entière (et non aveugle) confiance qu’il m’a accordée lorsque je suis arrivé à l’Empereur, plein d’idéal et de projets mais avec une expérience d’enseignant limitée, jamais l’école de golf que vous connaissez aujourd’hui et qui a déjà accueilli tant d’enfants et d’adultes n’aurait pu remplir correctement sa mission.
Le temps est gentilhomme, je l’ai déjà dit, sans ces boucs émissaires, jamais l’Empereur ne serait devenu l’Empereur.
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Si Pierre-Arnaud a résisté, Dominique ne s’occupe plus du beurre qui préoccupait tant Georgette, ayant préféré planter ses vignes ailleurs, après avoir semé tant de graines qui ont assuré la stabilité des fondations de notre club. Ainsi, le fardeau est passé sur de plus jeunes épaules.

Ces épaules sont solides, je les ai vues grandir. Vivian tient bien de son père, quand il dit il fait. On ne sait pas toujours quand, mais il fait. Et dans un monde où les vestes ont une fâcheuse tendance à se retourner facilement, un homme de parole a sa valeur. Cette qualité en explique bien d’autres. Elle devrait rassurer les inquiets sur l’avenir de notre destinée.

Mais même sans retourner sa veste, on ne peut tout faire tout seul.

Comment oublier alors tous ceux qui se sont succédé dans nos Comités Sportifs et sacrifié leurs mercredis de foot à votre bonheur ? Comment ne pas remercier toutes celles et ceux qui, au cours de ces deux dernières décennies, se sont considérablement investi pour assurer la responsabilité des sections seniors, ladies, men et juniors ? Est-il possible de passer sous silence l’action centrale et la grande charge de travail des différents capitaines et vice-capitaines que nous avons connus, de même que l’apport dans l’ombre mais si précieux des trésoriers, représentants des membres et membres successifs de la Commission du terrain ?
Parce qu’il est impossible de les citer tous, J’en nommerai un pour tous les autres :

notre Honorable Secrétaire. Camille incarne la volonté de bien faire de tous les Comités qui ont fait les milliers de PV des 20 premières années de l’Empereur. De la fonction, ce fidèle grognard de la première heure n’a pas seulement la voix et la moustache, mais aussi le regard de l’aigle.


En attendant son guéridon, il se penche sur le 14 pour surveiller la cadence de ses troupes marchant au pas puis, redescendu sur terre, vérifie sans relâche nos tenues vestimentaires.

Peu de nouveaux membres savent que notre Président est le président de l’AFG et que c’est un grand honneur pour notre club.

Il a certainement de grandes qualités dont sa récente réélection à ce poste délicat est le témoin incontestable. Notre Président est dans ma mémoire pour avoir écrit, au propre comme au figuré, les premières pages de notre histoire :
il est le père du premier Canard de l’Empereur. Mon seul regret sera qu’on ne sait pas assez, quand il est à l’Empereur, qu’il est le président de l’AFG, et quand il est ailleurs, qu’il est le Président de l’Empereur.
Jean, merci pour cet honneur.

Les 150 arbres des mes débuts sont devenus plus de 1000. J’en ai aidé bon nombre à grandir et à évoluer avec différents bonheurs. Tous cependant ont contribué à faire de l’école de golf ce qu’elle est aujourd’hui et je les en remercie.

En arrivant à Houston Jim Hardy m’a dit :
« Je sais de manière certaine que nos idées ne seront pas complètement acceptées par tous et, pour certaines d’entre elles, complètement rejetées. C’est normal. Cela fait partie du contrat quand vous jetez vos idées dans l’arène du monde. »

Il y a un peu plus d’un an, j’ai pris une décision qui s’est révélée être un déchirement intime. Pas au portefeuille, juste en-dessous. J’ai envoyé un de mes jeunes élèves chez un autre pro.

Non pas chez le meilleur, mais chez celui qui était le meilleur pour lui. A ce moment, quelques parents n’ont pas compris et ont emmené leurs enfants ailleurs. C’était le prix à payer pour rester soi même.

Il y a des arbres qui pour pousser ont besoin de tuteur rigide. Sont-ils plus solides ? Je l’ignore. Probablement pas s’ils grandissent enclavés dans un carcan peu souple d’apprentissage, inspiré d’un modèle apparenté à une norme. Dans mon école, nous tentons de les faire pousser un peu différemment. Nous en prenons soin en coupant progressivement les mauvaises branches pour les faire tenir en équilibre et les aider à chercher seuls leurs sommets. Ils sont alors acteurs de leur propre évolution et de leur apprentissage. C’est peut-être parfois moins sécurisant pour l’élève, mais les résultats à long terme auxquels nous sommes confrontés nous encouragent dans cette voie.

Suis-je un bon père, suis-je un bon pro?
Parfois, les doutes servent aussi à avancer et à y voir un peu plus clair. C’est pourquoi je suis parti à Houston.
Pour Giovanni il est trop tôt pour le dire. Pour Patrick encore aussi.

Un membre enthousiasmé par nos récits texans m’a écrit vouloir reprendre son apprentissage du golf, tout en faisant état avec beaucoup de simplicité et de franchise de ses doutes quant à la personne la plus adéquate pour l’accompagner :Giulio ou Patrick, Patrick ou Giulio ?
Comment répondre à une telle question ?

Quand j’étais jeune, j’étais empli de certitudes. Aujourd’hui je vis et évolue avec mes doutes. Grâce à eux pourrais-je dire, qui me nourrissent, me font avancer et finalement, paradoxalement, me rassurent dans les choix que je pose. Ces mêmes choix dont il me semble qu’ils sont aujourd’hui davantage marqués par l’expérience et un meilleur équilibre.

Je conclurais en me plaçant résolument dans une perspective d’avenir. Celui de mon école de golf. Pour les jeunes et moins jeunes, nous avons des projets concrets, qui vont continuer à faire évoluer toutes celles et ceux qui nous accordent leur confiance dans un parcours où chacun est réellement acteur de son apprentissage.
Pour y parvenir, notre structure va intégrer l’incroyable richesse des acquis de Houston à tout ce qui a déjà été construit dans le passé. Elle compte atteindre cet objectif par l’action conjuguée, complémentaire et concertée du jeune Pro talentueux qu’est Patrick et de votre serviteur.

Giulio
29/11/2009